Si vous revendez des objets que vous avez utilisés et dont vous ne voulez plus, vous n'avez en principe rien à déclarer ni à payer : ces ventes ne sont pas imposables, quel que soit leur nombre. Les plateformes transmettent bien vos ventes au fisc au-delà de 30 transactions ou de 2 000 euros dans l'année, mais cette transmission ne crée pas d'impôt. Tout change si vous achetez ou fabriquez des objets pour les revendre, ou si vous vendez un objet de grande valeur. Voici comment savoir dans quel cas vous êtes.
Le principe : vendre ses propres affaires n'est pas imposable
L'administration fiscale distingue deux situations bien différentes.
- Vous vendez des biens que vous ne souhaitez plus conserver : une poussette, votre ancien téléviseur, une collection de disques, des vêtements devenus trop petits. Les sommes encaissées ne sont pas imposables.
- Vous achetez ou fabriquez des biens pour les revendre : bandes dessinées achetées pour être revendues, bijoux ou nappes que vous fabriquez. Ces revenus sont imposables et doivent être déclarés.
Ces exemples sont ceux de la fiche officielle « Je vends des biens » publiée sur impots.gouv.fr. Peu importe le support : la règle est la même sur un site de petites annonces, une application ou un vide-grenier.
DAC7 : ce que les plateformes transmettent au fisc
Depuis le 1er janvier 2023, la directive européenne dite DAC7 oblige les plateformes de vente en ligne à déclarer à l'administration fiscale les revenus de certains vendeurs. Pour la vente de biens, une plateforme est dispensée de cette déclaration si, sur l'année, vous restez sous 2 000 euros de ventes et sous 30 transactions. Il suffit de dépasser l'un des deux seuils pour que vos opérations soient transmises.
Ce point est souvent mal compris. impots.gouv.fr le dit clairement : ces seuils concernent uniquement l'obligation de la plateforme. Ils ne disent pas si vos revenus sont imposables. L'administration donne d'ailleurs l'exemple de vêtements vendus à plus de 30 reprises dans l'année : les sommes sont transmises, mais restent non imposables.
Concrètement, quand une plateforme transmet vos opérations :
- elle doit vous envoyer avant le 31 janvier un récapitulatif de l'année précédente (nombre de transactions, montants perçus) ;
- le nombre et le montant de vos ventes apparaissent dans votre déclaration de revenus en ligne, avec le détail par plateforme ;
- c'est à vous de vérifier si ces sommes sont imposables et, seulement dans ce cas, de les reporter dans la bonne rubrique.
L'inverse est vrai aussi : si aucune information n'apparaît dans votre déclaration, cela ne vous dispense pas de déclarer des revenus qui seraient imposables.
Les exceptions : objets de valeur et ventes de plus de 5 000 euros
Même pour des objets personnels, certaines ventes sont taxées. Selon impots.gouv.fr et service-public.fr, les règles sont les suivantes en 2026 :
| Type de bien | Quand c'est taxé | Taxe |
|---|---|---|
| Meubles, électroménager, voitures | Jamais | Aucune |
| Métaux précieux | Quel que soit le prix de vente | Taxe forfaitaire sur les objets précieux, 11 % |
| Bijoux, objets d'art, de collection, antiquités | Prix de vente supérieur à 5 000 euros | Taxe forfaitaire sur les objets précieux, 6 % |
| Autres biens | Prix de vente supérieur à 5 000 euros et plus-value réalisée | Impôt sur la plus-value, 19 % |
Le seuil de 5 000 euros s'apprécie objet par objet, pour chaque vente, et non sur le total de l'année. Pour les « autres biens », seul le gain est taxé : si vous revendez moins cher que vous n'avez acheté, il n'y a rien à payer. La plus-value est exonérée si vous détenez l'objet depuis plus de 22 ans, à condition de pouvoir le prouver.
Dans ces cas, la déclaration ne passe pas par la déclaration de revenus annuelle : elle se fait dans le mois qui suit la vente, avec un formulaire spécifique (n° 2091 pour la taxe sur les objets précieux, n° 2048-M pour la plus-value). Pour une vente importante, rapprochez-vous de votre service des impôts.
Quand on devient vendeur professionnel
Acheter des objets dans le but de les revendre avec un bénéfice, ou vendre ce que vous fabriquez, constitue une activité commerciale. Les revenus sont alors des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), imposables, même si l'activité reste ponctuelle.
Pour les revenus 2025, la fiche officielle prévoit deux régimes :
- Le micro-BIC, si vos recettes annuelles restent sous 188 700 euros. Vous déclarez vos recettes sur le formulaire complémentaire n° 2042 C PRO. Un abattement automatique de 71 % s'applique : vous êtes imposé sur 29 % de vos recettes. L'abattement minimal étant de 305 euros, vous ne payez rien si vos recettes sont inférieures à ce montant.
- Le régime réel, obligatoire au-delà de ce seuil, avec une déclaration professionnelle et de la TVA à facturer.
impots.gouv.fr signale aussi que ces revenus, même occasionnels, peuvent présenter un caractère professionnel au-delà de certains seuils et donner lieu à des cotisations sociales : l'Urssaf détaille ces règles sur son site. Si vous revendez régulièrement, le statut de micro-entrepreneur est souvent le plus simple. Un expert-comptable ou votre service des impôts peut vous aider à choisir.
Trois exemples pour se situer
- Camille vide les placards de ses enfants : 45 ventes de vêtements et de jouets dans l'année, pour 600 euros. La plateforme transmet ses données, car elle dépasse 30 transactions. Rien n'est imposable : ce sont ses propres affaires.
- Karim vend son canapé, sa table et son lave-linge avant un déménagement, pour 2 300 euros au total. Ses données sont transmises, car il dépasse 2 000 euros. Rien n'est imposable : meubles et électroménager sont exonérés.
- Léa achète des lots de livres en brocante pour les revendre à l'unité en ligne. Même avec de petites sommes, c'est une activité d'achat-revente : ses recettes sont imposables, au micro-BIC par exemple.
Les bons réflexes
- Conservez le récapitulatif annuel envoyé par chaque plateforme.
- Gardez les factures d'achat des objets de valeur : elles servent à calculer une éventuelle plus-value.
- Vérifiez chaque printemps les montants pré-remplis dans votre déclaration, sans les reporter automatiquement s'ils ne sont pas imposables.
- En cas de doute sur votre situation, posez la question via votre messagerie sécurisée sur impots.gouv.fr.
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Sources
- impots.gouv.fr : fiche « Je vends des biens »
- impots.gouv.fr : revenus de plateformes collaboratives (déclaration 2026)
- impots.gouv.fr : déclarer ses revenus issus de l'économie collaborative
- justice.fr (fiche service-public) : faut-il déclarer les revenus d'une activité accessoire ? (avril 2026)
- Legifiscal : vendre ses biens personnels sur les applications dédiées

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