Oui, vous pouvez travailler pendant vos études et garder votre bourse sur critères sociaux, à condition d'être assidu en cours et aux examens. Votre salaire ne change pas le calcul de la bourse, car ce sont les revenus de vos parents qui comptent. En revanche, il compte pour l'aide au logement, et il peut être en partie imposable. Voici les règles à connaître en 2026 avant de signer un contrat.
Quel contrat pour un job étudiant ?
Il n'existe pas de « contrat étudiant » à part. Vous êtes un salarié comme les autres, avec les mêmes droits. Le site officiel etudiant.gouv.fr le rappelle : un étudiant en emploi ne dispose pas de moins de droits qu'un autre salarié.
Les formes les plus courantes sont :
- le CDD, pour une période précise (été, fêtes de fin d'année, remplacement) ;
- le CDI à temps partiel, pour un emploi régulier pendant l'année : caisse le samedi, livraison, soutien scolaire ;
- l'intérim, pour des missions courtes ;
- les emplois sur le campus : accueil, bibliothèque, tutorat.
Demandez toujours un contrat écrit et vos fiches de paie. Ce sont ces documents que votre établissement, la Caf ou le Crous vous demanderont.
Le salaire minimum
Vous devez être payé au moins au Smic. Selon Service Public, il s'élève en 2026 à 12,31 € brut de l'heure, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures par semaine. Un Smic réduit peut s'appliquer aux salariés de moins de 18 ans qui ont moins de 6 mois de pratique dans leur branche.
La prime de fin de contrat
À la fin d'un CDD, le salarié touche en principe une prime de précarité d'au moins 10 % du salaire brut total. Mais pour un contrat conclu avec un étudiant pendant ses vacances scolaires ou universitaires, cette prime n'est pas versée, sauf si les usages de l'entreprise le prévoient (Service Public).
Combien d'heures pouvez-vous travailler ?
Pour un étudiant français ou européen, la loi ne fixe pas de plafond propre aux étudiants. Ce sont les limites de tout salarié qui s'appliquent : 10 heures de travail effectif par jour, 48 heures sur une même semaine et 44 heures en moyenne sur 12 semaines, avec une pause d'au moins 20 minutes après 6 heures de travail (Service Public). Si vous cumulez plusieurs employeurs, ces limites valent pour le total.
Moins de 24 heures par semaine : la dérogation étudiante
Un contrat à temps partiel doit en principe prévoir au moins 24 heures par semaine, sauf règle différente dans la convention collective. Si vous avez moins de 26 ans et que vous poursuivez vos études, vous pouvez demander à travailler moins. La demande doit être écrite et motivée, et l'employeur n'est pas obligé de l'accepter (Service Public).
Le cas des étudiants étrangers
Un étudiant non européen titulaire d'un titre de séjour « étudiant » peut travailler 964 heures par an au maximum, soit 60 % de la durée légale annuelle. Avant l'embauche, l'employeur doit faire une déclaration nominative à la préfecture, au moins 2 jours ouvrables avant le début du contrat. Dépasser ce plafond peut entraîner le refus de renouvellement du titre. Les étudiants algériens suivent une règle différente : l'employeur doit obtenir une autorisation de travail avant le début, et la limite est de 50 % de la durée annuelle de travail. Ce titre ne permet pas non plus de s'installer en auto-entrepreneur (Service Public).
Job étudiant et bourse du Crous : le cumul est possible
La bourse sur critères sociaux se cumule avec un emploi. Une seule condition : respecter l'obligation d'assiduité aux cours et aux examens. Les établissements contrôlent cette assiduité, et un étudiant absent peut voir sa bourse suspendue ou devoir la rembourser au Crous.
Le cumul est en revanche impossible si vous êtes :
- fonctionnaire ;
- lauréat d'un concours de l'internat, en médecine par exemple ;
- inscrit à France Travail ;
- en contrat d'apprentissage, en contrat de professionnalisation ou en congé individuel de formation.
Un stage obligatoire et rémunéré, intégré à votre cursus, reste compatible avec la bourse, même à temps plein (Service Public).
Votre salaire ne réduit pas le montant de la bourse : le Crous se base sur les ressources de vos parents. Il existe des exceptions, par exemple si vous êtes marié ou pacsé et financièrement indépendant, ou si vous avez un enfant à charge (etudiant.gouv.fr).
Job étudiant et APL : déclarez vos salaires
Pour l'aide au logement, c'est différent. À la demande, vous déclarez vos propres ressources imposables : salaires, bourses, revenus d'épargne. La Caf prend en compte les ressources des 12 derniers mois et met à jour le calcul automatiquement tous les 3 mois (Service Public). Un job régulier peut donc faire baisser votre aide au fil des trimestres.
Deux points utiles :
- vous pouvez toucher l'APL tout en restant rattaché au foyer fiscal de vos parents, mais ils ne perçoivent plus les prestations familiales pour vous. Exception : si vos parents paient l'impôt sur la fortune immobilière, vous n'y avez pas droit ;
- depuis le 1er juillet 2026, un étudiant non européen ne touche l'APL que s'il est boursier, s'il travaille, ou s'il est en apprentissage ou en contrat de professionnalisation.
Avant d'accepter un contrat, faites une simulation sur le site de la Caf ou de la MSA pour mesurer l'effet de votre salaire sur votre aide.
Et la prime d'activité ?
Elle est compatible avec la bourse. Pour un étudiant, elle suppose d'avoir au moins 18 ans et de gagner chaque mois un montant net suffisant. La Caf indique un seuil de 1 144,21 € de montant net social par mois, à vérifier sur caf.fr car il évolue avec le Smic.
Faut-il payer des impôts sur un job étudiant ?
Les salaires d'un étudiant sont exonérés d'impôt dans la limite de 3 Smic mensuels, si vous aviez 25 ans au plus au 1er janvier de l'année d'imposition. Pour les revenus de 2025, déclarés en 2026, ce plafond est de 5 405 €. Seule la part au-delà est à déclarer, par vos parents si vous êtes rattaché à leur foyer, par vous si vous déclarez seul (Service Public). Cet abattement se cumule avec celui des gratifications de stage. En cas de doute, le service des impôts répond au 0809 401 401.
Concilier études et travail : demandez le statut d'étudiant salarié
Si vous travaillez en moyenne une dizaine d'heures par semaine, votre établissement peut vous accorder le statut d'étudiant en emploi. Le seuil varie d'une école ou d'une université à l'autre. Ce statut ouvre des aménagements : dispense d'assiduité pour certains cours, horaires adaptés, priorité dans le choix des groupes de TD, examen final à la place du contrôle continu. Il n'est pas automatique : faites la demande tôt, avec votre contrat et vos fiches de paie, et renouvelez-la chaque année.
Pour trouver un emploi compatible avec votre emploi du temps, consultez les offres d'emploi sur Trocly : de nombreux commerces et particuliers y cherchent des renforts à temps partiel ou pour les vacances.
Sources
- etudiant.gouv.fr — Être étudiant en emploi
- Service Public — Bourse sur critères sociaux : cumul avec un emploi ou une autre aide
- Service Public — Aide personnalisée au logement (APL)
- Service Public — Impôt sur le revenu : sommes perçues par un jeune
- Service Public — Smic
- Service Public — Temps partiel : durée minimale
- Service Public — Durée du travail dans le secteur privé
- Service Public — Un étudiant non européen peut-il travailler en France ?
- Service Public — Prime de précarité en fin de CDD
- Caf — Je suis étudiant et j'ai un job en parallèle de mes études

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