Pour vendre vos vêtements d'occasion rapidement, gardez quatre étapes en tête : un tri sévère pour ne garder que les pièces propres et en bon état, des photos nettes à la lumière du jour, un prix nettement sous le neuf et un envoi bien emballé au tarif le plus juste. Si vous vendez des vêtements que vous portiez, ces ventes ne sont en général pas imposables, même nombreuses. Voici comment vous y prendre, du placard jusqu'au colis.
Trier : ce qui se vend et ce qui ne se vend pas
Vous n'êtes pas seul à avoir trop de vêtements. Une étude de l'ADEME et de l'Observatoire des consommations émergentes, publiée en juin 2025, estime que plus de la moitié des vêtements de nos placards ne sont pas portés. Elle évalue à environ 120 millions le nombre de pièces neuves qui dorment dans les armoires en France. C'est autant de vêtements qui peuvent trouver preneur.
Faites trois piles :
- À vendre : pièces propres, sans trou ni tache, avec fermetures et boutons intacts. Les vêtements jamais portés, avec ou sans étiquette, partent en premier.
- À donner : pièces correctes mais de faible valeur (t-shirts basiques, vêtements de grande enseigne très portés). Les vendre une à une prendrait plus de temps qu'elles ne rapportent.
- À déposer en borne textile : pièces abîmées, usées ou tachées.
Ce qui se vend le mieux : les manteaux et vestes en saison, les vêtements de marque reconnue, les chaussures peu portées, les vêtements de sport et les lots d'enfants par taille. Les vêtements de bébé et d'enfant se vendent bien en lot, car les parents renouvellent souvent toute une garde-robe d'un coup.
Avant de photographier, lavez et repassez ou défroissez chaque pièce. Retirez les bouloches avec un rasoir anti-peluches. Vérifiez les poches et notez les défauts, même légers : vous les signalerez dans l'annonce.
Prendre des photos qui donnent envie
Un vêtement froissé posé sur un lit défait ne se vend pas. Quelques règles simples suffisent :
- Photographiez près d'une fenêtre, en journée, sans flash.
- Utilisez un fond neutre et uni : un mur clair, un drap blanc tendu, un parquet propre.
- Montrez le vêtement en entier, à plat ou sur un cintre, puis porté si possible.
- Ajoutez des gros plans : étiquette de marque, étiquette de taille et de composition, matière, et chaque défaut éventuel.
Pour aller plus loin sur le cadrage et la lumière, consultez notre guide pour bien photographier un objet à vendre.
Rédiger l'annonce : taille, mesures, état
La taille affichée sur l'étiquette ne suffit pas : elle varie d'une marque à l'autre. Mesurez le vêtement à plat et indiquez ces mesures dans l'annonce :
- haut : largeur d'aisselle à aisselle, longueur du col au bas ;
- pantalon : tour de taille, longueur d'entrejambe ;
- chaussures : longueur intérieure de la semelle, en plus de la pointure.
Précisez aussi la marque, la matière principale, la couleur exacte et l'état avec des mots simples : « neuf avec étiquette », « porté deux fois », « bon état, légère décoloration au col ». Un acheteur qui sait exactement ce qu'il reçoit ne demande pas de remboursement.
Ne vendez que de l'authentique. Si vous avez un doute sur l'origine d'un article de luxe, ne le présentez pas comme original. L'Institut national de la consommation rappelle d'ailleurs que les contrefaçons n'ont pas leur place dans les ventes entre particuliers.
Fixer le bon prix
Un vêtement d'occasion se vend nettement sous son prix neuf, même en très bon état. Le meilleur repère reste le marché : cherchez le même article, ou un article équivalent de la même marque, et regardez à quel prix il est proposé. Montez un peu pour une pièce neuve avec étiquette ou une marque recherchée ; baissez pour une pièce de grande enseigne déjà portée.
Quelques astuces qui fonctionnent :
- Les lots : « 5 bodies 6 mois » attire plus qu'une série de cinq petites annonces séparées.
- La saison : publiez les manteaux en octobre, les maillots de bain au printemps.
- Une petite marge de négociation : affichez un prix légèrement au-dessus de votre minimum.
Notre article pour fixer le prix d'un objet d'occasion détaille la méthode.
Expédier sans perdre sa marge
Les vêtements sont légers et souples : ils voyagent bien et coûtent peu à envoyer, à condition de choisir le bon format.
- Une pièce fine (t-shirt, chemise) peut partir dans une enveloppe matelassée en Lettre verte suivie si le pli fait moins de 3 cm d'épaisseur et moins de 2 kg. En 2026, La Poste affiche par exemple 5,74 euros jusqu'à 250 g et 7,91 euros jusqu'à 500 g, un peu moins si vous imprimez l'affranchissement en ligne.
- Un pull épais, un manteau, des chaussures : passez au colis. Le Colissimo livré en point de retrait coûte 6,89 euros jusqu'à 500 g et 8,89 euros jusqu'à 1 kg en 2026 ; les réseaux de points relais sont souvent moins chers.
Pliez le vêtement proprement, glissez-le dans un sachet plastique pour le protéger de l'humidité, puis dans l'enveloppe ou le carton. Pesez le paquet avant d'acheter l'étiquette : quelques grammes de trop peuvent faire passer à la tranche supérieure. Pour comparer toutes les options, lisez notre guide pour envoyer un colis pas cher entre particuliers.
Gardez la preuve de dépôt et le numéro de suivi jusqu'à ce que l'acheteur confirme la bonne réception. Et méfiez-vous des acheteurs qui proposent de payer par un moyen inhabituel ou vous envoient un lien de paiement : relisez nos réflexes contre les arnaques.
Faut-il déclarer ces ventes aux impôts ?
En principe, non. Selon impots.gouv.fr, vendre des biens que vous avez utilisés et ne voulez plus garder n'est pas imposable. L'administration cite elle-même l'exemple des vêtements devenus trop petits.
Une plateforme de vente doit toutefois transmettre vos ventes au fisc si vous dépassez 30 transactions ou 2 000 euros encaissés dans l'année. Cette transmission ne rend pas les sommes imposables pour autant. La situation change si vous achetez des vêtements pour les revendre : c'est alors une activité commerciale, avec des revenus imposables. Tous les détails sont dans notre article sur la déclaration des ventes entre particuliers.
Et ce qui ne se vend pas ?
Après quelques semaines sans acheteur, baissez le prix ou regroupez les pièces en lot. Si rien ne bouge, donnez-les à une association ou déposez-les dans un point de collecte textile. Refashion, l'éco-organisme de la filière, demande de déposer tous les textiles usagés, même abîmés, dans les bornes dédiées plutôt qu'à la poubelle. Si la borne est pleine, gardez le sac chez vous quelques jours et réessayez.
Prêt à vous lancer ? Publiez vos annonces dans la rubrique Vêtements de Trocly : c'est gratuit, et les acheteurs près de chez vous peuvent aussi venir les chercher en main propre, sans frais d'envoi.
Sources
- impots.gouv.fr : déclarer ses revenus issus de l'économie collaborative
- impots.gouv.fr : revenus de plateformes collaboratives
- La Poste : tarifs Lettre suivie 2026
- La Poste : tarifs Colissimo 2026
- L'Info Durable : l'étude ADEME sur les vêtements inutilisés (juin 2025)
- L'Info Durable : la campagne Refashion pour la collecte des textiles (mai 2026)
- Institut national de la consommation : les vide-greniers

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